Communiqué de Marie Atinault, représentante de FNE-Normandie au CESER

Communiqué de Marie Atinault, représentante de FNE-Normandie au CESER

Communiqué de Marie Atinault, représentante de FNE-Normandie au CESER

Communiqué de Marie Atinault, représentante de FNE-Normandie au CESER

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Le 10 décembre, un courrier du CESER a été rendu public, dans lequel son président M. Léger demandait la réouverture de l'usine Lubrizol. Notre représentante dans cette instance, Madame Marie Atinault en profite pour faire une mise au point. 

https://ceser.normandie.fr/images/stories/newsletter/31/Lubrizol_newsletter.pdf

Ce courrier, adressé au Premier Ministre, est un courrier de Jean-Luc LEGER, président du CESER Normandie, pour qui j'ai le plus grand respect et la plus grande sympathie. Mais ce n'est en aucune façon un courrier rédigé et voté collectivement par les Membres du CESER Normandie, comme peuvent l'être nos études et rapports. Bien qu'il soit d'une grande valeur, puisque signé de la main de notre président, ce courrier n'a pas été voté en plénière et n'est donc pas représentatif de la pensée de l'ensemble des organisations représentées au CESER. D'ailleurs, par principe, la pensée unique n'existe pas au CESER. C'est ce qui fait toute sa richesse.
En particulier, même si je partage de nombreux éléments mentionnés dans ce courrier, ce n'est pas tout à fait la position que je défends depuis plus de 2 mois au nom de FNE Normandie.


Je vais la résumer ainsi :


1) il n'est, à mes yeux, pas raisonnable de réouvrir immédiatement, parce que nous n'avons aucune certitude sur l'état de l'installation et que la population de ce territoire est encore sous état de choc. Réouvrir maintenant serait un acte du plus grand mépris pour toutes les personnes qui ont été impactées, et ceci, bien au delà de la Métropole de Rouen


2) Si réouverture il doit y avoir, elle ne pourra être envisagée avant de longs mois de travail. Cette réouverture devra être partielle, temporaire, et surtout conditionnée à la vérification la plus stricte d'un certain nombre d'éléments techniques. Le PPRT qui a prouvé son insuffisance doit être modifié et renforcé. Les services de l'Etat doivent revoir leur protocole de gestion de crise, notamment pour être en capacité de prendre en charge convenablement la population. ATMO et le SDIS doivent être dotés de moyens adaptés. Enfin, les règles et vecteurs de communication doivent être revus de A à Z pour éviter à nouveau tous les couacs que nous avons connu. Si le moindre doute persiste sur un de ces éléments, le site devra être fermé à nouveau, sans délai.


3) Pourquoi une réouverture conditionnée et "temporaire" : tout simplement parce que cet accident doit être l'occasion, pour cette entreprise, et d'autres, de s'interroger sur son modèle. Ou plutôt sur les évolutions souhaitables de son modèle. 3 accidents en 10 ans, c'est trop. Beaucoup trop. Lubrizol doit opérer une mutation. d'autres également. Sociétalement et économiquement, c'est une évidence. Tout comme l'évolution du tissu industriel de la Vallée de Seine est inéluctable. Cela doit devenir, pour nous tous, une priorité environnementale, sociale, mais également économique. Nous avons tellement tardé. L'accident de septembre 2019, c'est l"opportunité où jamais de prendre un virage. Nous avons dans cette Vallée, toute l'ingénierie et les moyens pour réussir cette transition. Les forces économiques qui prendront ce virage seront les seules à pouvoir tenir, sur le long terme. S'accrocher à l'ancien monde, c'est l'assurance de tout perdre...
Voilà la position que je défends au CESER pour FNE Normandie."