CESER: déclaration de FNE Normandie suite à Lubrizol

CESER: déclaration de FNE Normandie suite à Lubrizol

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Séance plénière du 10 octobre 2019. Débat ouvert suite à l'incendie du site rouennais de Lubrizol...

Déclaration portée par FNE NORMANDIE (Marie Atinault), co-signée par CARDERE (Sylvie Fusil) CREPAN (Arlette Savary), GRAINE (Sophie Chaussy) et le représentant des personnes qualifiées (Jean-Pierre Girod)

« Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les conseillers,

FNE Normandie soutient pleinement les précédentes interventions relatives au développement nécessaire d’une véritable culture du risque, tant auprès des citoyens que des collectivités, et au renforcement indispensable et urgent des moyens humains, techniques et financiers qui nous permettraient de nous prémunir plus efficacement de ce type d’accident, et, le cas échéant, de gérer les situations de crises dans de meilleures conditions :

Deux exemples parmi d’autres permettent d’illustrer ce manque de moyens :

Premièrement, le manque de dotations attribuées à ATMO Normandie, association agréée pour la surveillance de la qualité de l’air, ne lui permettant pas actuellement de disposer d’appareils de mesures fixes destinés à mesurer, en temps réel, non seulement les polluants chroniques (PM, NOx, 03…) mais également les polluants spécifiques, d’origine industrielle et accidentelle (gaz soufrés, HAP, dioxines…). La présence de tels équipements à demeure, sur Rouen et ses alentours, nous aurait permis de gagner un temps précieux en fournissant sous 48h des résultats d’analyses fiables.

Autre exemple : le déficit flagrant d’inspecteurs des installations classées bien que la Seine Maritime soit un des départements de France les plus dotés en sites SEVESO.

FNE Normandie souhaite également rappeler que la toxicologie et l’écotoxicologie sont des sciences complexes. L’analyse au coup par coup, et cloisonnée, des différents composants émis lors de l’incendie, diffusés par le panache puis transférés par les précipitations dans les sols et les eaux, ne saurait être suffisante pour comprendre et anticiper les réelles conséquences de cet accident.

Faut-il rappeler que les populations exposées à ces différents composants vivent déjà, en permanence, dans un environnement particulièrement pollué, toxique, lié aux activités urbaines et industrielles de la vallée de seine.

La compréhension des impacts réels de cette catastrophe environnementale et sanitaire ne pourra être effective sans une analyse des effets cumulés et des effets cocktails provoqués par l’addition de ces différents toxiques, chroniques et aigus, intégrés au cycle de l’eau, à la chaine alimentaire et, pour terminer, au sein des individus que nous sommes.

Enfin, FNE Normandie souhaite que cet accident soit l’occasion de s’interroger en profondeur sur la mutation du modèle économique de la vallée de Seine. Cet accident est l’occasion, pour nous tous, services de l’Etat, collectivités, industriels et associations, de changer de cap et de préparer l’avenir, de décarboner et détoxifier l’industrie, de développer la chimie verte ainsi que l’écologie industrielle et l’économie circulaire.

L’accident de Lubrizol le 26 septembre 2019, à Rouen, est un signal. Sachons le reconnaitre… »

Marie Atinault
cosigné par Sophie Chaussy, Sylvie Fusil, Arlette Savary, Jean-Pierre Girod