Elections régionales Normandie 2021

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Quelques questions sur la Protection de la Nature et de l’Environnement et autres sujets

 

NATURE / BIODIVERSITE

 

La Normandie est une région très domestiquée, anthropisée et fortement perturbée dans sa nature, quoique dite verte. La biodiversité, déjà réduite, est en déclin, comme ailleurs.  Il ya beaucoup à réparer, restaurer. La Normandie est une région assez riche sur le plan de la biodiversité :

Les zones d’inventaires de la biodiversité (ZNIEFF 1 et 2) représentent une superficie significative, avec près d’un quart du territoire normand classé en ZNIEFF terrestre (sur 7 200 km2 , avec plus de 1 800 ZNIEFF répertoriés, dont environ 1 600 de type 1 et 200 de type 2), auquel s’ajoutent 36 ZNIEFF en mer (24 de type 1 et 12 de type 2) . S’agissant du réseau Natura 2000, la Normandie compte « 94 sites correspondant à une superficie approximative de 205 000 ha sur le domaine terrestre soit 7 % de la superficie de la région, et 775 000 ha sur le domaine marin. 967 communes soit un tiers des communes normandes sont concernées par au moins un site Natura 2000 ». Enfin, en ce qui concerne les espaces protégés, la Normandie compte 9 réserves naturelles nationales, 6 réserves naturelles régionales, 4 PNR (Parcs naturels régionaux, couvrant près de 17 % du territoire). La part des zones terrestres sous statut d’aires protégées est passée de 0,26 % du territoire régional à 0,54 % (incluant réserves naturelles, arrêtés de protection de biotope, réserves biologiques), à la suite de la stratégie de création d’aires protégées (SCAP), sur la période 2012-2019.

Néanmoins, à l’image de l’ensemble du territoire métropolitain, la biodiversité normande est en déclin et subit de nombreuses pressions liées aux activités humaines. En Normandie, les sujets de préoccupations majeurs concernent en premier lieu l’artificialisation des sols, la fragmentation des habitats – malgré une identification satisfaisante des trames vertes et bleues – et la destruction lente mais continue des milieux (maillage bocager, prairies, zones humides…) sous l’effet de l’urbanisation et de la création d’infrastructures de transport, les pollutions diffuses, liées notamment à certaines pratiques agricoles, ainsi que les effets, déjà à l’œuvre, du changement climatique.

 

Devant ce constat, qu’envisagez-vous pour :

  • Limiter l’artificialisation des sols et l’étalement urbain
  • Favoriser l’agroécologie
  • Mettre en place une trame verte/bleue, réellement fonctionnelle
  • Arrêter la régression des prairies, mares et zones humides, et préserver le bocage normand
  • Mieux utiliser les outils existant et notamment l’outil « réserve naturelle régionale » complètement mis de côté actuellement

 

     Concrètement :

 

 

-qu’envisagez-vous pour l‘imiter l’artificialisation généralisée et a contrario, entrer en renaturation ? Pensez- vous que l’on puisse protéger la Nature « extraordinaire », sans respecter la nature « ordinaire » ?    

-envisagez-vous d’utiliser davantage les outils existants, arrêtés de biotopes, mise en réserves, création de parcs régionaux. Créerez-vous ne nouvelles réserves naturelles régionales ?

-êtes-vous prêt à conditionner l’aide régionale aux projets incompatibles avec la PNE et qui ne respecteraient pas les orientations de la 3eme SNB ?

- êtes-vous prêts à dimensionner l’ANBDD, et à arbitrer en sa faveur, en équité avec l’Agence de Développement Economique, ainsi qu’à accompagner la Responsabilisation Sociétale et Environnementale des entreprises et des collectivités

- êtes-vous prêts à créer un dispositif RENAT, » REtour à la NATure », en prélevant /fléchant 5% des budgets d’infrastructures pour les affecter à des actions pro-Nature ?

- compte tenu des besoins importants en matière de restauration écologique, êtes-vous prêts à développer une ingénierie et R&D normandes y compris dans l’implantation territoriale (atelier, stations d’études) et la coopération internationale (GB, Hollande-Allemagne, Pays nordiques, notamment), ?

 

-êtes-vous prêts à rééquilibrer les dotations entre associations agrées et nettement majorer la subvention de la région à FNE-Nie ? (FNE-N est faiblement dotée, sans réels fonds propres, contrairement aux associations agréées de chasse et pêche qui bénéficient d’une cotisation obligatoire, et qui sont fortement subventionnées…)

 

 

LITTORAL

La Côte d’Albâtre est atteinte, par grave blocage du transit des galets et sables du fait des épis et jetées littoraux notamment à partir de Dieppe,

-seriez-vous prêt à porter une grande opération de niveau national, consistant à rétablir le cordon de galets et sables sous falaise de Dieppe au Tréport et au-delà jusque-là Somme (en lien avec la région HdF), en commençant par le secteur de Criel sur mer, le plus exposé à l’érosion et submersion marines ? 

Les interfaces rivière-mer en Seine-Maritime ont tous été busés fin du 19eme, supprimant les estuaires et réduisant drastiquement la biodiversité piscicole (poissons migrateurs et prés salés arrière-littoraux). La politique de restauration de la continuité écologique s’applique sur ces sites.

-êtes-vous prêts à porter le projet de débusage des exutoires et précisément la renaturation par exemple de celui de l’Yères à Criel sur Mer, qui en offre une opportunité rare et exceptionnelle, ou bien de la Saâne à Quiberville ?

-estuaire de la Seine : soutiendrez-vous le classement de la totalité de l’estuaire en zone RAMSAR et l’extension de la RNN à la zone de la mare plate. Seriez-vous prêt à abandonner le financement de la Chatière au Havre ? -seriez-vous prêt à vous engager, à rassembler, pour signer la charte « Fleuve sans plastiques » (initiative Fondation Tara Océan www.fleuve-sans-plastique.fr), pour faciliter la reconquête de la biodiversité et du bon état fluvial ?

-seriez-vous prêt à engager la région Normandie, avec les autres régions, avec les services de l'État, avec le GIP Seine Aval, dans la réalisation d’un atlas des désordres en termes de déchets rencontrés sur notre grand bassin versant, afin de remédier à ceux-ci ?

-êtes-vous prêt pour éradiquer les décharges côtières connues du littoral normand ?

 

CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le GIEC normand a montré les effets du changement climatique attendus sur notre territoire. Aucune activité ne sera épargnée et nos modes de vie seront impactés. La diminution des émissions de gaz à effet de serre s’impose. C’est moins 5% par an pendant 25 ans pour respecter le 2°de la COP de Paris, c’est l’équivalent d’un « effet COVID » chaque année, sur une base volontaire et maîtrisée ! Face à ce véritable défi,

-quelles politiques comptez-vous mettre en œuvre pour diminuer nettement ces émissions et adapter les politiques menées jusqu’alors ?

 

AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

- envisagez-vous de remettre le SRADDET sur le métier étant donné sa faiblesse sur le plan environnemental, faiblesse observée par tous les experts de la question ?

-pensez-vous qu’il faille poursuivre dans l’investissement en infrastructures-sans d’ailleurs internaliser le vrai coût environnemental, -infras ferroviaires (voyageurs et fret) excepté-, ou plutôt optimiser et garantir le bon fonctionnement de l’existant et investir en amont, dans, par ex. le décalage temporel des usages et ajuster la demande à l’offre, comme on l’a entraperçu durant le COVID ?

- seriez-vous prêt à supporter une étude de préfiguration d’un PNR Bresle-Yères-Bray, pour rattraper le différentiel entre les deux ex-Normandie, assurer un développement à ce territoire nord-est « périphérique », sur son état et potentiel environnementaux comme supports de maintien et développement économiques soutenables et tout en rebondissant sur son passé agricole et industriel pour en exploiter la valeur et singularité existentielles ?

-quelle sera la part dédiée au secteur N+E dans le milliard de fonds structurels européens, directement gérés par la Normandie, et dans le presque milliard d’INTERREG géré par les régions voisines ? Actualité oblige, quelle sera la même part dans le fonds de relance européen affectée à la Normandie, quelque 800 millions au Climat ? 

 

ENERGIE

La Normandie produit 2 fois plus d’électricité qu’elle n’en consomme. Elle exporte, même à perte. Elle gaspille, comme d’autres, au moins un tiers des 127 TWh qu’elle produit annuellement.

 

-quelle sera votre politique en matière d’économies et d’efficience énergétique ? Est-ce LA priorité pour vous ?  

 

-comment comptez-vous rattraper le retard de la Normandie dans l’isolation thermique du bâti (elle est dernière), bâti qui plus es très « demandeur » en la matière ? (sans devoir le défigurer…)

 

EDF le 16 décembre dernier a voté le principe de la construction de 2 EPR2 sur le site du CNPE de Penly.  LA région sortante et des Collectivités locales soutiennent ce projet. 

-Etes-vous d’accord ou non avec ce projet et pour quel motif ?

 

- pensez-vous qu’il soit prioritaire de mettre 15 milliards dans Penly 3 et 4 sachant qu’il en faut 5 pour isoler le bâti normand, et tout autant dans les régions voisines, avec des milliers d’emplois pour l’artisanat et les TPE et une diminution de moitié de la facture des consommateurs ?

 

RISQUE NUCLEAIRE

 

Il s’agit des risques Industriels car pour nous, les risques dits Naturels ne le sont pas, ils sont pour l’essentiel de facture anthropique.

L’industrie nucléaire et pétrolière sont les principales activités à risques technologiques dans la région.

Centrales nucléaires : de nombreux dysfonctionnements ont été constatés dans le fonctionnement des centrales mettant en exergue le risque d’accident, avec les répercussions pouvant être envisagées

-Que comptez-vous faire pour améliorer la maitrise de l’outil de production ?

-Quel regard portez-vous sur les nouveaux plans particuliers d’intervention autour des Installations nucléaires ?

 

 

AGRICULTURE

La Normandie est connue pour son agriculture, mais l’agriculture va de plus en plus mal : diminution du nombre d’actifs, chute des revenus, industrialisation, forts dommages environnementaux. Elle peut et doit être « soutenable » aux 3 sens du terme : économique, social et environnemental.

 Or un sixième seulement des exploitations sont engagées en éco-responsabilité, avec 5% du budget régional, ce qui est beaucoup et peu à la fois.

- apporterez-vous un soutien inconditionnel et selon quels critères, au retour à la bonne agronomie et à la conversion à l'agriculture biologique ? A la mise en place des Projets Alimentaires Territoriaux ?

- peut-on selon vous vouloir renforcer la compétitivité des exploitations et « en même temps », revenir à une agriculture durable, aux circuits courts, aux bons produits, au bonheur paysan ?

- êtes-vous favorable à des MAEC justes et loyales, avec ou sans la PAC ? Seriez-vous prêts à des contrats de conversion avec les exploitants, compensant l’éventuel manque à gagner lors d’expérimentation d’autres pratiques agricoles, protectrices du N+E et de la santé alimentaire ?

- êtes-vous favorable à Plan d'Action Régional Nitrates exigeant, contrairement à celui porté actuellement par les Pouvoirs Publics et la corporation agricole, pour avoir enfin un début de résultat ?

 

MOBILITES

Quelle sera, explicitement, votre politique Mobilités, en zone urbaine comme en rurale, pour minimiser l’impact sur la Nature, l’environnement et l’Homme (emprise, imperméabilisation, segmentation, pollution, rejets de GES et dérèglement climatique, perte de temps, accidents, stress, irrationalité budgétaire) ?

 

DECHETS

-seriez-vous prêts à reprendre le PRGD afin de prendre les nécessaires mesures de limitations de la production et améliorer sensiblement le traitement et la valorisation ? 

- seriez-vous prêts à passer contrat avec les autres régions du bassin Seine, pour lutter concrètement contre les rejets en Seine et participer à la collecte, en amont comme en aval, notamment sur la Seine aval (laquelle transite entre 100 et 200 tonnes de plastiques par an vers la mer).

-êtes-vous prêt à instruire et financer l’évacuation des décharges côtières « orphelines » et remettre en état les zones concernées, avec les collectivités locales concernées ?

 

SANTE

 

Compte-tenu de ses activités économiques, la Normandie est forcément préoccupée par le sujet Santé-Environnement : pollution de l’air, de l’eau, des sols.  Rappelons-nous Lubrizol mais aussi l’activité phytosanitaire, radioactive, la pollution classique comme médicamenteuse, …

-même si ce n’est pas une compétence région, quelles seront vos mesures pour clairement rompre avec l’habitude, changer de pied et corriger dûment et à temps ?

              

Spécial post-COVID.

-que ferait la Région, sous votre mandat, pour recouvrer de l’autonomie hospitalière et sanitaire, au-delà des mesures d’urgence prises en 2020 ? Etes-vous prêts à mettre le demi-milliard qu’y a été mis dans le Plan Relance Normandie, dans une réforme structurelle Maintenance et Bon fonctionnement (et non pas juste relance) ? 

 

 

FORMATION

La formation est la moitié du budget de la région (ESR + Lycées), un milliard d’euros.  Il ya de l’incontournable mais aussi du gaspillage.

-que proposez-vous, concrètement, pour changer vraiment ce qui doit l’être, où et qui ? 

L’heure est à la sobriété, aux économies (qui est économie !), à la requalification des territoires et à la renaturation des environnements.

Selon une publication de l'INSEE de 2020 (Les objectifs de développement durable : un défi pour la Normandie – Insee Analyses n° 80), la situation normande est fortement dégradée : « À son échelle, la Normandie, région industrielle et agricole de premier plan, est confrontée aux retombées de ses activités sur l'environnement. En témoignent notamment le fort niveau d'émission de gaz à effet de serre et l'artificialisation des sols. Si la qualité des eaux côtières normandes est plutôt bonne, ce n'est pas le cas de celle des plans d'eau et des estuaires. (…) Cependant, moins qualifiés qu'ailleurs, les jeunes Normands peinent à s'insérer sur le marché du travail. Les conditions sanitaires des Normands sont peu favorables, avec une espérance de vie plus faible et une carence en médecins. »

Un outil majeur dont disposent les régions afin d'inverser cette tendance est d'agir sur les formations.
Il est vrai qu'un Pacte Régional d’Investissement dans les Compétences (PRIC) a été signé entre l’État et la Région. Destiné à la formation des personnes en recherche d’emploi sur la période 2019-2022, le PRIC se décline en une trentaine d’actions spécifiques comme par exemple le lancement d’un Appel à Projets Formations Qualifiantes afin d’encourager l’expérimentation de méthodes pédagogiques innovantes et adaptées à certains publics (seniors, « décrocheurs », publics issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville, etc.).


-quelle orientation environnementale sera donnée pour que les 128 000 bénéficiaires annoncés puissent se préparer à la nécessaire mutation écologique et puissent postuler aux nouvelles professions qui en découleront ?
-Les presque 900 millions d'euros consacrés selon la convention avec l’État seront-ils utilisés pour une part significative vers cet objectif ?

-quels critères environnementaux permettront de distinguer les entreprises qui pourraient susciter la création d'une offre de formation pérenne et pourvoyeuse d'emplois ?

-comment se passera une restructuration en milieu urbain, en milieu rural ?

-Si un projet de construction s'élabore, les acteurs de terrain, les habitants de proximité seront-ils associés ? Les critères d'adaptation au changement climatique seront-ils inclus ? La démarche ERC sera-t-elle systématiquement respectée ?

Enfin, dans le Schéma Régional de l'Enseignement Supérieur de la Recherche et de l'Innovation (SRESRI), qui met en exergue l'excellence (rappelée à toutes les pages) de la digitalisation et la mise en réseau, l'environnement n'est évoqué que 3 fois sur 43 pages, dont une fois affublé de l'adjectif numérique…


- Comment rattraper ce retard dans les filières innovantes à l'échelle de la région ?

 

La région focalise ses aides sur des secteurs Economie, Energie, Santé, Numérique.  Le domaine N+E est clairement oublié.

- êtes-vous prêts à un financement de projets  N+E et notamment dans la Connaissance-Inventaire et surtout dans le passage à l’acte, dans la Restauration écologique.

- êtes-vous prêts au financement de stagiaires dans les associations comme FNE, pour développer tel ou tel projet :  suivi d’espèces, restauration d’habitats, mais aussi applis numériques, infographie, communication, …